L’huile essentielle de myrte (Myrtus communis) est l’une des rares huiles essentielles du Traité scientifique d’aromathérapie clinique à s’appuyer sur un essai clinique contrôlé en triple aveugle : mené chez 106 patients souffrant d’hémorroïdes de stades I-II, il rapporte une efficacité comparable à celle d’une pommade anti-hémorroïdaire de référence. L’ouvrage la documente par ailleurs sur les versants immunitaire et respiratoire, en distinguant plusieurs chémotypes aux profils moléculaires très différents.

Avertissement. Cette page a une vocation pédagogique. Elle ne constitue ni un diagnostic, ni une prescription, ni un substitut à un avis médical. Des saignements anaux ne doivent jamais être attribués d’emblée à des hémorroïdes : ils imposent un examen médical, car ils peuvent révéler une pathologie plus sérieuse, notamment après 50 ans ou en cas de modification récente du transit.

Carte d’identité du myrte

Nom botaniqueMyrtus communis L.
Famille botaniqueMyrtacées (Myrtaceae)
Organe distilléFeuilles et rameaux feuillés
Procédé d’obtentionDistillation par entraînement à la vapeur d’eau
Origine géographiqueBassin méditerranéen : Corse, Maroc, Tunisie, Espagne
Molécules majoritairesSelon le chémotype. Le Traité cite le myrte vert comme source de 1,8-cinéole, d’α-pinène, de bornéol et de myrténol, et le myrte rouge comme chémotype à acétate de myrtényle. Aucun pourcentage n’est donné dans l’ouvrage.
Systèmes concernésCardiovasculaire, respiratoire, immunitaire

Les données botaniques de ce tableau (famille, organe distillé, procédé, origine) sont des informations de référence ajoutées pour la clarté de la fiche ; elles ne figurent pas dans le Traité.

Myrte vert, myrte rouge : deux huiles essentielles distinctes

Le Traité distingue explicitement plusieurs chémotypes de Myrtus communis, et cette distinction n’est pas cosmétique. Le myrte vert est désigné comme Myrtus communis CT cinéole, et l’ouvrage le cite comme source de 1,8-cinéole, d’α-pinène, de bornéol et de myrténol. Le myrte rouge est désigné comme Myrtus communis CT acétate de myrtényle. L’ouvrage mentionne également un chémotype à myrténol. Deux flacons portant le même nom latin peuvent donc contenir des huiles essentielles de composition et de profil de sécurité différents : la mention du chémotype sur l’étiquette est indispensable.

Le Traité rappelle par ailleurs qu’au Moyen-Orient, quatre mille ans avant notre ère, le myrte figurait déjà, avec l’acore, le cèdre, le cyprès, le fenouil, le pin et le galbanum, parmi les plantes employées en médecine.

Molécules actives et mécanismes d’action

Le 1,8-cinéole (eucalyptol)

Le Traité traite le 1,8-cinéole à la fois dans son chapitre respiratoire, parmi les molécules actives sur la sphère respiratoire, et dans son chapitre immunitaire, parmi les oxydes terpéniques. Le myrte vert y est cité comme plante source dans les deux cas. C’est également cette molécule qui sert de référence de normalisation dans l’essai clinique sur les hémorroïdes décrit plus bas.

Le myrténol

Le myrténol est un monoterpénol auquel le Traité consacre une sous-section entière du chapitre immunitaire, avec un tableau des teneurs par plante où figurent le myrte vert, le myrte rouge et le thym à myrténol. Deux références bibliographiques y sont associées, et il faut en préciser le niveau de preuve : la première évalue les effets anti-inflammatoires et antinociceptifs du myrténol chez la souris ; la seconde décrit un effet anti-inflammatoire dépendant d’une modulation directe de la migration des neutrophiles et du stress oxydatif. Ces travaux portent sur une molécule isolée, en contexte préclinique, et non sur l’huile essentielle complète chez l’humain.

L’α-pinène et le bornéol

Le myrte vert est cité par le Traité parmi les sources d’α-pinène, monoterpène traité dans le chapitre immunitaire, et parmi les sources de bornéol, monoterpénol du même chapitre. L’ouvrage mentionne par ailleurs le myrténol dans sa liste générale des monoterpénols. Aucune étude spécifique à l’huile essentielle de myrte n’est rattachée à ces deux molécules dans l’extrait.

Une action vasorelaxante

Dans le chapitre cardiovasculaire, le Traité fait figurer le myrte rouge (Myrtus communis) au terme de sa liste des molécules et huiles essentielles vasorelaxantes, aux côtés du linalol, du géraniol, du β-citronellol, des sesquiterpènes, de la camomille noble et de l’α-pinène. Une référence bibliographique lui est associée, mais l’extrait n’en détaille ni le modèle expérimental ni les résultats.

Ce que montrent les études, système par système

Système cardiovasculaire : hémorroïdes

C’est la donnée la plus solide de cette fiche, et l’une des mieux caractérisées de l’ouvrage. Le Traité rapporte un essai contrôlé, en triple aveugle, comparant une lotion à base d’huile essentielle de myrte — normalisée à 30 mg de 1,8-cinéole par millilitre — à une pommade anti-hémorroïdaire, chez 106 patientes et patients présentant des hémorroïdes de stades I à II.

Le résultat rapporté est une réduction statistiquement significative des saignements, des douleurs, des démangeaisons et de l’inflammation, avec une efficacité comparable à celle du traitement standard.

Trois éléments méritent d’être soulignés. Le schéma en triple aveugle avec groupe contrôle actif place cet essai à un niveau de preuve nettement supérieur à celui de la plupart des travaux cités dans l’ouvrage. Le comparateur est explicite : il s’agit d’une pommade anti-hémorroïdaire, non d’un placebo. Enfin, la préparation testée était normalisée en 1,8-cinéole, ce qui signifie qu’il s’agissait d’une formulation standardisée, et non d’une huile essentielle employée telle quelle.

Système respiratoire : sinusite aiguë

Le Traité cite le myrte comme l’un des constituants d’un mélange standardisé étudié in vitro. L’ouvrage indique qu’une recherche a montré que l’application basolatérale d’un distillat d’huiles essentielles stimule l’efflux de chlorure et la fréquence de battement ciliaire, améliorant ainsi la clairance mucociliaire. Il précise que ce mélange standardisé est un produit phytopharmaceutique contenant un distillat d’huiles essentielles rectifiées d’eucalyptus, d’orange douce, de myrte et de citron, utilisé dans des maladies respiratoires telles que la bronchite et la rhinosinusite.

Ce résultat est donc obtenu sur cellules, avec un mélange de quatre huiles essentielles rectifiées : il ne peut être attribué au myrte seul, ni transposé tel quel à une situation clinique.

Système immunitaire

Le Traité range le myrte vert (Myrtus communis) parmi ses huiles essentielles immunostimulantes, avec l’eucalyptus radié, le ravintsara et le niaouli à cinéole. Cette catégorisation repose sur le profil moléculaire — la richesse en 1,8-cinéole — et n’est pas adossée, dans l’extrait, à une étude clinique portant sur le myrte.

Précautions d’emploi et contre-indications

Questions fréquentes

L’huile essentielle de myrte est-elle efficace contre les hémorroïdes ?

Le Traité rapporte un essai contrôlé en triple aveugle chez 106 patients présentant des hémorroïdes de stades I-II, comparant une lotion à base d’huile essentielle de myrte normalisée en 1,8-cinéole à une pommade anti-hémorroïdaire. L’essai conclut à une réduction statistiquement significative des saignements, douleurs, démangeaisons et inflammation, avec une efficacité comparable au traitement standard. C’est un niveau de preuve élevé pour l’aromathérapie, obtenu avec une formulation standardisée.

Quelle différence entre myrte vert et myrte rouge ?

Ce sont deux chémotypes de la même espèce, Myrtus communis. Le myrte vert est le chémotype à 1,8-cinéole ; le Traité le cite aussi comme source d’α-pinène, de bornéol et de myrténol, et le classe parmi les huiles essentielles immunostimulantes. Le myrte rouge est le chémotype à acétate de myrtényle, que l’ouvrage mentionne parmi les huiles essentielles vasorelaxantes. Leurs indications ne sont pas interchangeables : l’étiquette doit préciser le chémotype.

Qu’est-ce que le myrténol et que sait-on de ses effets ?

Le myrténol est un monoterpénol présent dans le myrte vert, le myrte rouge et le rare thym à myrténol. Le Traité lui consacre une section du chapitre immunitaire et cite deux travaux : l’un évalue ses effets anti-inflammatoires et antinociceptifs chez la souris, l’autre décrit un effet anti-inflammatoire passant par la modulation de la migration des neutrophiles et du stress oxydatif. Ces données sont précliniques et portent sur la molécule isolée.

Le myrte est-il utile pour la sinusite ?

Le Traité cite le myrte comme l’un des quatre constituants — avec l’eucalyptus, l’orange douce et le citron — d’un distillat standardisé étudié in vitro, qui stimule l’efflux de chlorure et le battement ciliaire, améliorant la clairance mucociliaire. Ce résultat est obtenu sur cellules, avec un mélange : il ne peut être attribué au myrte seul ni transposé directement à la prise en charge d’une sinusite.

Les différentes huiles de ce groupe sur le site

Cette page traite du groupe dans son ensemble. Chaque huile — espèce ou chémotype — a sa propre fiche détaillée :

Sur le même sujet

Pour aller plus loin

Cette fiche est extraite du Traité scientifique d’aromathérapie clinique. Le myrte illustre ce que devient une huile essentielle lorsqu’elle est évaluée sérieusement : une formulation normalisée, un comparateur actif, un schéma en aveugle, un effectif défini. Pour comprendre ce qui sépare une donnée de ce niveau d’une simple liste de propriétés, consultez nos formations.

Sources scientifiques

  1. Mohaddese Mahboubi. Effectiveness of Myrtus communis in the treatment of hemorrhoids. Journal of Integrative Medicine, Volume 15, Issue 5, 2017, Pages 351-358, ISSN 2095-4964, https://doi.org/10.1016/S2095-4964(17)60340-6.
  2. Sisay M, Gashaw T. Ethnobotanical, Ethnopharmacological, and Phytochemical Studies of Myrtus communis Linn: A Popular Herb in Unani System of Medicine. J Evid Based Complementary Altern Med. 2017 Oct;22(4):1035-1043. doi: 10.1177/2156587217718958. Epub 2017 Jul 26. PMID: 28745081; PMCID: PMC5871300.
  3. Silva RO, Salvadori MS, Sousa FBM, Santos MS, Carvalho NS, Sousa DP, Gomes BS, Oliveira FA, Barbosa ALR, Freitas RM, et al. Évaluation des effets anti-inflammatoires et antinociceptifs du myrténol, un alcool monoterpénique d’origine végétale, chez la souris. Flavour Fragr. J. 2014 ; 29 : 184–192. DOI : 10.1002/ffj.3195.
  4. Gomes BS, Neto BP, Lopes EM, Cunha FV, Araújo AR, Wanderley CW, Wong DV, Júnior RCP, Ribeiro RA, Sousa DP et al. L’effet anti-inflammatoire du monoterpène myrténol dépend de la modulation directe de la migration des neutrophiles et du stress oxydatif. Chem.-Biol. Interact. 2017 ; 273 : 73–81. DOI : 10.1016/j.cbi.2017.05.019.

Les autres travaux cités sont référencés dans les bibliographies des chapitres « Utilisation des huiles essentielles dans les pathologies du système cardiovasculaire », « Étude scientifique sur l’utilisation des huiles essentielles dans les pathologies du système respiratoire » et « Huiles essentielles et système immunitaire » du Traité.